La libération

by Stephane F. profile

Slice of life
2019

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Une libération qui donne du poids aux mots, June 13, 2020
by Marc-André Goyette
Related reviews: Français

De quoi le personnage de La libération est-il captif? D'un lieu, de son passé, des autres, de ces mots qui nous racontent son histoire?

Le joueur déplace des verbes sur des noms pour progresser dans la FI (une particularité de Texture). Cet mécanisme convient particulièrement bien à La libération. Les choix ne sont pas accidentels, on peut ressentir les doutes, le poids de chaque décision.

La présentation est minimaliste, ce qui convient bien au contenu. Les changements de taille du texte, qui sont parfois déclenchés par des remplacements, peuvent être un peu dérangeants.

L'édition révisée (2020) ajoute des fins supplémentaires qui lui donnent une profondeur supplémentaire.


Usage intéressant de texture, August 26, 2019
by Monsieur Bouc (France)

On retrouve la prose de Stéphane F. dans cette FI sur la mort et la trahison. Le thème est intéressant et l'idée bien travaillée.

Quelques regrets liés au cadre "jam" : j'aurais bien aimé voir le passage de (Spoiler - click to show)rédaction de la lettre et celui de la trahison poussés plus loin dans l'usage de texture, pour impliquer davantage le joueur, mais l'usage est déjà très plaisant.

Un moment agréable dans tous les cas, si l'angoisse de la mort et les ruelles sombres peuvent être agréable ;)


1 of 1 people found the following review helpful:
Une vignette de l'histoire contemporaire prend vie, August 2, 2019
by Nicolas Pérot (France)

Dans La Libération, on joue un personnage secondaire l’Histoire qui, comme tant d’autres potentiellement oubliés, a une histoire personnelle chargée.

Même si l’auteur nous place dans un pays imaginaire, de nombreux détails pointent vers une « dictature en décomposition » d’Europe de l’Est dans les années 60-70 : je me suis imaginé dans un roman de Kundera.

Le récit sonne vrai, et on envisage très bien cette histoire relatée dans un livre d’histoire du collège. On aurait une gravure reproduite à la taille d’un timbre-poste accompagnée d’une légende de quelques mots, « Goran Becker emprisonné ». Pour approfondir, on aurait cette fiction interactive.

Ce n’est pas mon thème préféré, mais je ne peux qu’apprécier le souci de réalisme de l’auteur et la réussite à créer un tel tableau malgré un style que j’ai trouvé parfois trop dense, notamment pour de la lecture sur écran.

C’est la première expérience de l’auteur avec Texture, c’est aussi ma première en tant que lecteur. Texture est un format à mi-chemin entre un parser et un jeux à choix cliquables. Je ne suis pas un bon public pour les jeux à parser, car j’ai l’impression de jouer aux devinettes avec l’auteur plutôt que de guider une histoire. Ici, j’ai trouvé un bon compromis, du moins dans un format court comme imposé par la Jam (3000 mots max).

J’ai apprécié le fait que l’auteur tire parti de Texture pour aller au-delà d’une simple aide à la saisie « Verbe+nom ». Cela se manifeste par certains verbes cruciaux visibles mais inutilisables tant que certaines actions n’ont pas été réalisées (« Sortir »), ce qui déclenche une légitime frustration, ou encore avec la lettre qui s’écrit comme sous la contrainte, ce qui contribue à la cohérence et à l’émotion du moment.

Quelques écueils graphiques m’ont gêné : lorsque l’on y applique des verbes, certaines phrases déjà denses se développent tantôt au sein du paragraphe, tantôt à la suite du texte, ce qui peut troubler la lisibilité car on ne voit pas forcément ce qui a changé. En outre, la police change de taille pour tenir sur un seul écran, ce qui la rend de moins en moins lisible au fur et à mesure que la page se densifie.

Limitation de Texture ou problème de prise en main, je ne sais pas. Ici, c’est excusable car en écho à la sensation d’étouffement du personnage principal, dans un autre contexte cela serait moins adapté !

Sur le plan de la narration, je regrette que les choix dans la première pièce n’étaient pas assez suivis d’effets dans l’histoire… mais c’est ici aussi cohérent compte tenu de la situation donc cela se vit finalement assez bien.

Certains choix m’ont semblé plutôt destinés au joueur qu’au personnage, c’est un reproche que je fais à de nombreux jeux à parser (a-t-il réellement besoin de fouiller ses vêtements ?).

Je trouve enfin que l’auteur, d’une manière plus générale, gagnerait à dépouiller son environnement pour nous mettre davantage dans la peau et les sensations du personnage. Les émotions sont souvent décrites mais assez peu manifestées physiquement, et cela m’a manqué.

Puisque les parties sont très rapides, j’ai rejoué pour atteindre les trois fins, à la recherche d’un éventuel happy end. Je vous invite à faire de même !



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